La simulation

Historique de la simulation médicale

 

De nos jours, la plupart des grandes industries (nucléaire, automobile, ferroviaire, aéronautique) font appel aux techniques de simulation dans le but de reproduire expérimentalement des conditions réelles afin de :

  • développer les compétences
  • apprendre à travailler en équipe
  • prévenir les erreurs

L’aviation en est un bel exemple ! Qui n’a jamais vu dans les médias un commandant de bord et son copilote s’entrainant sur un simulateur de vol? Après avoir posé son Airbus A320 et ses 150 passagers sur l’Hudson River en janvier 2009, le Commandant Sullenberger avait déclaré : «J’ai juste fait ce pourquoi j’avais été entrainé».
Dans le domaine médical, l’enseignement virtuel est de plus en plus utilisé dans la formation du personnel. Dès les années ‘60, le premier mannequin haute fidélité (ce mannequin correspond au patient dans son entier, le tout piloté par ordinateur) est apparu dans le domaine de l’anesthésie. On note de grandes similitudes entre les métiers de l’aéronautique et ceux de l’anesthésie/réanimation/urgence comme :

  • l’apprentissage et la maitrise d’appareillages sophistiqués,
  • la gestion de situations d’urgences dont l’environnement incertain et dynamique,
  • les objectifs changeants,
  • la surcharge d'informations,
  • l’identification rapide du problème,
  • la prise de décision immédiate.

Le mannequin haute fidélité peut simuler de nombreux problèmes comme une crise d’asthme, une réaction allergique intense, un infarctus voire un arrêt cardiaque. Dans ces moments critiques, l’équipe des urgences ou des soins intensifs va devoir reconnaître le problème et réagir immédiatement, de manière appropriée, avant que la situation ne s’aggrave. Lors de cette prise en charge, de multiples difficultés peuvent apparaître comme des problèmes de communication, de compréhension entre les membres de l’équipe, de divergences quant aux procédures.
La simulation centrée autour d’un thème et de cas cliniques simples permet aux infirmiers et médecins débutants de développer l’automaticité, d’appliquer leurs connaissances théoriques, de faciliter leur réflexion en groupe et d’améliorer la confiance en soi et ce sans risque ni pour le novice ni pour le patient !
Par ailleurs, face à une équipe experte, la simulation avec le mannequin sera plutôt complexe avec des événements multiples qui arrivent en cascade. Le but recherché étant d’une part d’apporter une actualisation des connaissances et d’autres parts un nouveau regard sur soi-même et ce, pour autant que le réalisme des séances soit respecté et que celles-ci soient enregistrées afin de faciliter l’autoévaluation de l’intervenant.
On peut résumer les intérêts de la simulation en trois points :

  • développer la compétence,
  • apprendre à travailler en équipe,
  • prévenir les erreurs.

En 2005, une étude systématique de la littérature de simulation permettait de conclure que la simulation haute fidélité facilitait la formation en insistant sur l’importance du débriefing et de la pratique répétée.
Issenberg SB, McGaghie WC, Petrusa ER, Gordon DL, Scalese RJ. Features and uses of high-fidelity medical simulations that lead to effective learning: a BEME systematic review. Medical Teacher 2005; 27: 10–28.

En Europe, de nombreux centres médicaux se lancent dans ce type de simulation mais cela nécessite du personnel compétent hautement qualifié en nombre suffisant, mais aussi un coût d’acquisition et d’entretien des matériels (mannequins, système audio-vidéo,…) élevé. C’est la raison pour laquelle la simulation doit faire partie d’un projet d’apprentissage mesuré et ambitieux (sous peine de voir un mannequin plus que sophistiqué rester dans sa valise la quasi totalité de l’année). «Par dessus tout, la simulation doit prendre sa place comme une des composantes d'un plus grand cadre, soutenue par la recherche, la technologie, la pratique clinique, le professionnalisme et l'éducation, et soutenant ceux-ci à son tour».
Kneebone R. Simulation in surgical training: educational issues and practical implications. Med Educ 2003 ; 37 : 267-77.